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Par où s'échappe la chaleur ?

Avant de voter des travaux, il faut savoir où part l'énergie. La réponse surprend souvent : ce n'est presque jamais par où l'on croit.

Coupe d'un immeuble et flux de déperdition Schéma d'un immeuble en coupe. Des flèches figurent la chaleur qui s'échappe par la toiture, les murs, les fenêtres, la ventilation et les planchers bas. L'intensité de chaque flux correspond au poids du poste : Toiture et combles 25 à 30 pour cent, Murs 20 à 25 pour cent, Air renouvelé et fuites 20 à 25 pour cent, Fenêtres 10 à 15 pour cent, Planchers bas 7 à 10 pour cent. parking non chauffé 25-30% 20-25% 20-25% 10-15% 7-10%
L'intensité de chaque flux est proportionnelle au poids réel du poste. La toiture pulse plus vite que les planchers parce qu'elle perd davantage.

Les cinq postes, un par un

  1. Toiture et combles

    25 à 30 %

    L'air chaud monte. En haut du bâtiment, il ne rencontre souvent qu'une dalle et quelques centimètres de laine tassée, parfois rien du tout.

    Isolation des combles perdus ou de la toiture-terrasse. C'est le chantier le plus rentable d'une copropriété : le gain est important et l'intervention ne touche ni les logements ni la façade.

  2. Murs

    20 à 25 %

    C'est la plus grande surface en contact avec l'extérieur. Sur un immeuble d'avant 1974, le mur est souvent une simple paroi de béton ou de brique, sans lame isolante.

    Isolation par l'extérieur quand la façade et le règlement de copropriété le permettent : elle traite les ponts thermiques et n'ampute pas la surface habitable. Par l'intérieur sinon, logement par logement.

  3. Air renouvelé et fuites

    20 à 25 %

    Le poste que tout le monde oublie, et il pèse autant que les murs. L'air chaud s'échappe par les défauts d'étanchéité, les gaines, les cages d'escalier, et par une ventilation mal réglée.

    Traitement de l'étanchéité à l'air et remise en état de la ventilation. Attention : on ne calfeutre jamais un bâtiment sans traiter sa ventilation, sous peine de créer des problèmes d'humidité.

  4. Fenêtres

    10 à 15 %

    Le simple vitrage isole environ six fois moins qu'un double vitrage récent. Et le châssis compte autant que le verre.

    Remplacement par du double vitrage performant. C'est le poste le plus visible pour les copropriétaires, et souvent le premier voté, alors que ce n'est pas celui qui rapporte le plus.

  5. Planchers bas

    7 à 10 %

    Le plancher au-dessus d'un parking, d'une cave ou d'un vide sanitaire non chauffé refroidit directement les logements du premier niveau.

    Isolation en sous-face, depuis le sous-sol. Chantier peu coûteux, sans nuisance pour les occupants, souvent négligé.

Ponts thermiques

Ce ne sont pas des parois mais des ruptures : jonction d'un balcon et d'une façade, about de plancher, encadrement de fenêtre. La chaleur y contourne l'isolant.

Ils se traitent au moment de l'isolation, pas après. C'est l'argument le plus fort en faveur d'une isolation par l'extérieur, qui les supprime presque tous d'un coup.

Dans quel ordre faut-il traiter ?

Les copropriétés votent presque toujours les fenêtres en premier, parce que c'est ce qui se voit. C'est pourtant loin d'être le plus rentable. L'ordre ci-dessous suit le rapport entre le gain obtenu et le coût engagé.

  1. 01

    Toiture et combles

    25 à 30 %

  2. 02

    Air renouvelé et fuites

    20 à 25 %

  3. 03

    Murs

    20 à 25 %

  4. 04

    Fenêtres

    10 à 15 %

  5. 05

    Planchers bas

    7 à 10 %

Une précaution qui compte. On ne rend jamais un bâtiment étanche sans traiter sa ventilation. Une copropriété qui change ses fenêtres sans toucher au renouvellement d'air se retrouve avec de la condensation, puis des moisissures, dans les mois qui suivent. Nous l'écrivons systématiquement dans nos rapports.